Flammes

Nous sommes des analphabètes, des idiots, des souris, des animaux

« Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte piétinant un visage humain – pour toujours. » George Orwell, 1984. Malgré nos lèvres tuméfiées par la botte, nous voulons articuler des paroles audibles pour ceux dont la botte a broyé la langue et les dents et dont le bouche ne rend que des sons inarticulés, pour ceux qui ont le souffle coupé par la botte, pour ceux dont la botte tourne le visage vers le sol où le regard ne voit que boue et poussière.

Jadis si je me souviens bien...

Il y a cinq ans, nous avons été l’objet de la plus grande expérience d’ingénierie sociale jamais réalisée menée par les atroces qui rêvent d’un gouvernement mondial d’où ils régneraient sur des simulacres de peuples et d’individus, sur un genre humain réduit à son hologramme.
Dans les pages de l’Écho des Boucles, nous essayons de démasquer ces criminels et de comprendre ce qui nous est arrivé et ce qui nous arrive encore. Mais nous voulons avant tout témoigner et faire témoigner ceux qui n’ont pas encore abdiqué leur humanité. Au mensonge statistique, à la banalité du chiffre, nous opposons la vérité de la parole et la singularité de l’expérience humaine. Florence, Élisa, Julian, Yann et Pierre se sont essayés à un difficile exercice : se souvenir des premiers temps, des premières semaines de la crise du Covid. Ils ne sont pas forcément des résistants de la première heure…
Nous faisons appel à vous afin que vous aussi vous témoigniez à votre tour : où étiez-vous, que pensiez-vous, que ressentiez-vous en ces temps-là ? Nous viendrons peut-être vers vous pour recueillir votre témoignage. Mais vous pouvez nous envoyer ici vos textes ou vos témoignages audio, vidéo ou nous solliciter pour être contacté. Nous vous remercions.

La rédaction

Le titre reprend les premiers mots d’Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud

Les derniers articles

Le début de la fin du monde

J’avais peur, tellement peur. De respirer dehors, de croiser des gens dans la rue, de toucher les emballages des produits dans les rayons des supermarchés. Tous les soirs, j’écoutais le nombre de morts du Covid, des centaines, des milliers, pendant qu’une peur primitive s’emparait de moi.

Une nouvelle normalité ?

A l’orée du printemps 2020, il fut question de guerre, rien de moins. Un triste sire l’avait déclaré à un virus, y insistant de curieuse manière. Ses sujets, qui en avaient été informés par la télévision, étaient sommés de « rester chez eux ». Je voudrais de cette guerre bien peu conventionnelle, narrer une petite campagne (ou plus exactement une partie de campagne), où les hauts faits s’il y en eut ne furent point militaires…

Je suis une citoyenne obéissante

Savez-vous combien de morts la grippe fait chaque année ?! Il n’y a pas de quoi en faire un plat de ce covid ! Puis je me suis fait doucement, mais sûrement, rattraper par la peur… A coup de matraquage médiatique. J’ai fait mon mea culpa. Apparemment, ce virus avait l’air bien plus sévère que la grippe habituelle…

Enfin la révélation ?

Je regarde sur Youtube, avec amusement et même espoir, les Italiens confinés se parler de balcon à balcon, lancer des chansons qu'ils reprennent en chœur, un verre à la main. La fin du monde n'est plus ce qu'elle était.

Le temps de l’innocence, ou presque

Retour sur notre naïveté des premiers jours de l’épopée covidienne. Des souvenirs presqu’irréels. Pourtant nous étions ainsi… Et demain, que penserons-nous d’aujourd’hui ?

Nous sommes des analphabètes, des idiots, des souris, des animaux

« Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte piétinant un visage humain – pour toujours. » George Orwell, 1984. Malgré nos lèvres tuméfiées par la botte, nous voulons articuler des paroles audibles pour ceux dont la botte a broyé la langue et les dents et dont le bouche ne rend que des sons inarticulés, pour ceux qui ont le souffle coupé par la botte, pour ceux dont la botte tourne le visage vers le sol où le regard ne voit que boue et poussière.

Je range des sardines, des petites sardines, encore des sardines…

À Douarnenez, surla pointe finistérienne, alors que la ville vient de célébrer le centenaire de la grève des sardinières de 1924, les dernières conserveries ont quitté le port pour la zone industrielle. À l'usine Chancerelle, le malgache, le baoulé et le lingala se mêlent aux bâillements et aux accents douarnenistes. « Demain au boulot » chemine avec les sardinières d'aujourd'hui dans le monde ouvrier contemporain et dresse le portrait d'une communauté de femmes au travail.

De l’écologie à l’escrologie en passant par le capitalisme

Frédéric Lordon, philosophe et économiste français, donne une conférence (2022) sur la nécessaire sortie du capitalisme pour la survie de l'espèce et de notre société. Il nous régale, comme d'habitude, de ses punchlines et de sa pertinence. Arrêtez d'être éco-anxieux, soyez éco-furieux !

Ils témoignent