Ce vendredi matin, je me suis rendue chez une spécialiste qui consulte en hôpital pour un problème sans gravité. J’ai dû préciser que j’avais eu le Covid en janvier et que je n’étais pas vaccinée. Mon intention n’était pas d’entrer dans une polémique, mais plutôt de résoudre mon souci. La spécialiste m’a demandé comment s’était déroulé mon Covid, et j’ai reconnu au son de sa voix la curiosité morbide qui en a poussé plus d’un à me demander si je n’avais pas trop souffert, vu que je ne suis pas vaccinée. J’ai répondu simplement comme à chaque fois que cela s’était bien passé, mon médecin traitant m’avait soignée, et j’avais guéri au bout d’une dizaine de jours. Déçue, elle reconnaît qu’Omicron est moins virulent, quoi que… Elle connaît quelqu’un qui a le même âge que moi, un homme, sportif et à l’hygiène de vie irréprochable, qui est décédé récemment du Covid. Le spectre de la mort, c’est un grand classique, on me l’a brandi un nombre incalculable de fois ces derniers mois ! J’ai une pensée silencieuse pour ce pauvre homme qui, s’il existe vraiment, n’avait pas pu bénéficier d’Ivermectine. Je reconnais volontiers que l’on peut mourir du Covid, mais du vaccin également, lui précisant que mon père avait failli mourir d’une pathologie cardiaque en 2021, après la première injection, pathologie qui s’est avérée héréditaire, d’où ma décision de ne pas me faire vacciner. Elle insiste cependant et je lui explique que je suis croyante, que j’accepte mon destin, si malgré tout le soin que j’apporte à ma santé, je devais la perdre et en mourir, c’est que mon heure sera venue. En général, cela suffit à lasser.
Je lui demande si elle est sûre que le « vaccin » protège réellement des formes graves « Parce qu’actuellement, j’ai des collègues très malades, et d’autres personnes que je connais qui ont développé une forme grave alors qu’elles sont triples vaccinées, d’autres encore, des personnes âgées, sont décédées du Covid en étant vaccinés ». Sa réponse est imprécise, mais c’est une coriace, et c’est un médecin. Quand je lui explique que j’accepte de prendre mes responsabilités, elle évoque la sienne, en tant que médecin, et c’est ainsi que je me suis retrouvée, pendant de longues minutes, à l’écoute des problèmes de responsabilités auxquels elle a dû se heurter avec certains patients, sur d’autres sujets, puis des exemples un peu plus personnels, plus intimes. Je l’ai écoutée, avec beaucoup d’attention, hochant la tête. On a tous, à un moment donné, pris des décisions, parfois bonnes, parfois mauvaises, regretté ensuite de les avoir prises, en prendre la responsabilité ou pas… Et elle conclut : « Vous devriez écrire un papier que vous garderez sur vous comme quoi vous ne souhaitez pas de prise en charge médicale si vous attrapez le Covid. Il faut assumer, prendre vos responsabilités, comme vous dites ». Derrière mon masque, je lui fais mon plus grand sourire « Docteur, si je tombe à nouveau malade du Covid et que les soignants refusent de me soigner, et bien ce sera leur décision …». Ce retour de responsabilités la perturbe. Je lui explique comment j’ai boosté mon immunité et comment j’ai soigné mon Covid. Elle revient à la charge : « Que ferez-vous quand vous ne pourrez plus respirer ? Parce que c’est ce qui risque d’arriver si vous l’attrapez. Alors, il faudra prendre vos responsabilités et ne pas appeler le 15 ! »
A ce moment, j’ai décroché. En position inconfortable, à l’écouter agiter les épouvantails de la vie, je me suis pourtant sentie bien, en accord avec mes décisions et mes croyances. Tant de menaces, tant d’histoires alors que je venais de l’attraper et que je m’en étais bien remise, m’a laissée perplexe. Elle m’a semblé tellement perturbée que je me suis surprise à avoir pitié d’elle…
Cet échange unilatéral m’a permis d’effleurer le problème de la responsabilité. Cette responsabilité que certains médecins nous renvoient et qu’ils ne veulent pas assumer parce qu’ils restent, malgré tout, liés à ce serment d’Hippocrate et que notre détermination dérange. Cherchent-ils à garder bonne conscience ? Qu’ils se débrouillent, avec leur conscience, ce n’est pas à nous de nous occuper de cela.
Elisa Berté